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Les scènes de combats et d'attaque sont particulièrement sanguinolentes : les têtes explosent, les membres s'arrachent, les innocents se font trouer la peau, le tout dans un enchaînement de plans fulgurants. Peu de musique, mais les détonations et les cris provoquent bien assez l'immersion.
Lorsque Rambo s'en prend aux méchantes sentinelles Birmanes qui violent les jeunes otages, c'est arrachage de gorge à mains nues sans hésitation, hop, en deux-deux. Avec les bruitages et tout. Chapeau, Rambo, tu as l'air...en forme. (Et ce malgré les 61 printemps de ton interprète, soulignons-le au passage). Votre serviteur doit admettre qu'il a rarement vu un film aussi violent (et pourtant il s'est tapé Cannibal Holocaust deux fois, dont une en version longue avec la scène de la tortue. Beurk!).
"Oui, bon, bref, c'est du lourd, du bourrin facile et qui tache", me dira quelque quidam fervent lecteur de Télérama. Certes, répondrai-je à l'impétueux, mais premièrement, précisons que c'est du lourd jouissif et surtout très prémédité, car en une heure et demie bien remplie, on en prend tellement plein la gueule qu'on a pas le temps de s'ennuyer. Le manque de dialogues travaillés n'est pas du à une pauvreté de contenu, mais à un choix intelligent de ne pas péter plus haut que son cul et d'aller à l'essentiel. Stallone fait tout pour être bourrin, justement dans l'idée que la guerre, c'est pas de la broderie ni de la parlotte.
Ca laisse mine de rien son petit effet.
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"je préfère mourir pour une cause plutôt que vivre pour rien!"
©Rambo 2008
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"D'accord, mais nous dire que la guerre, c'est mal, c'est pas très difficile ni édifiant", objectera un second larron, lecteur des Inrocks. Mon bon ami, le but de Stallone n'est pas de faire de la rhétorique platonicienne ni de réécrire Guerre et Paix, mais juste de faire passer une idée à son échelle, conscient qu'il travaille pour une major et qu'il s'adresse à un public "populaire".
A chaque film son cahier des charges, celui de Sylvester est de défendre une idée sur l'engagement qui vaut ce qu'elle vaut ("je préfère mourir pour une cause plutôt que vivre pour rien!").
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Contrairement au blockbuster lambda, le film évite les vannes et les répliques-choc qui font oublier les images de boucherie; ici, on est constamment les yeux dans la bile.
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Il a le mérite d'attirer l'attention sur un conflit contemporain dont beaucoup ignoraient l'existence avant de venir voir le film - pas seulement aux Etats-Unis, mais
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aussi en Europe (pour tout vous dire, je n'en avais même pas entendu parler).
Un film rentre-dedans en somme, qui assume totalement son statut de film d'action et de genre, et raconte son histoire sans artifices ni parures superflues - on regrettera simplement l'ébauche d'histoire d'amour entre Rambo et une belle humanitaire, dont heureusement le dénouement évite la noyade dans l'émotion lourdingue. Le tout est bâti avec en bonus quelques idées exprimées entre deux explosions de rockets et une ablation amygdalaire.
Certes, il faut bien l'avouer, on n'échappe pas au kitsch du "film d'action bodybuildé", pour rester dans les termes des détracteurs, mais cela fait aussi partie du plaisir d'un film comme John Rambo. Aussi, je pardonne aux jeunes peigne-culs de la séance qui applaudissaient et beuglaient ironiquement à chaque passage nanarifiant - car il y en a tout de même quelques uns, faut pas déconner - parce que voir le film avec un peu de recul et de dérision ne fait que le rendre encore meilleur.
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