A qui profite la sodomie ?

Derrière cette question un poil vulgaire se cache une véritable problématique : pourquoi paye-t-on un produit en Euro français presque deux fois plus cher qu’on le paie en dollars ?
A quoi, à qui, doit-on cette situation ? Est-ce irrémédiable ?
C’est à ces quelques questions que nous aimerions tenter de répondre, en commençant ce mois-ci par une mise en situation. Accrochez vous.

HUMEUR

La conclusion, puisqu’il en faut bien une, c’est que l’Europe est remplie de trous du cul que les éditeurs adorent remplir avec leur grosse bite.

Désolé, j’avais pas plus imagé.

Je suis français, j’ai acheté ma Xbox 360 à la FNAC, et je l’ai payée 269€. Les aventures de Pigeon Man viennent de débuter. Neuve, aux Etats-Unis, cette magnifique plateforme de jeu vaut la bagatelle de 286 $.

Avant d’aller plus loin, reprenons la variable essentielle de tous ces calculs : le taux de conversion Euro / Dollar. A l’heure où j’écris ces lignes, il faut débourser 1,60$ pour se payer un pauvre euro. Appliquons le taux de conversion à l’exemple pré-cité, et on se rend compte qu’une Xbox 360 premium à pour valeur aux Etats-Unis… 178,80 €.

Non, vous ne rêvez pas, vous payez bien votre Xbox 66% plus cher en France qu’aux US.
Pour du matériel High Tech tel que celui-ci, sans doute fabriqué en Chine, ou se justifie un tel écart de prix ?

La distance Paris –> Pekin ? Niet, elle est à vol d’oiseaux de 8250km, contre 9300km pour un Pekin -> San Francisco. Le cout de traduction des manuels, le packaging ? Que nenni, les consoles sont livrées avec un manuel multilingue, et à cette échelle, le packaging…

Comme je suis un bon petit Européen, je vais aller m’acheter un jeu, je retourne à la fnac pour me payer le dernier hit Xbox 360 qui a tout déchiré sa race : GTA IV, ca me coute 70€, mais je suis fan, alors j’achète.
Bryan, de son côté, se rend dans son Wallmart le plus proche, et paie son jeu 60$. Oui oui, 60$. On reprend la petite machine à calculer, et on se rend compte que si on s’appelait Bryan, on aurait payé notre jeu…37€. Bordel de cul, c’est juste presque la moitié du prix.

Allez, on va être gentils et dire que la différence est due au portage en langue française, et puis c’est un produit matériel, avec un manuel et une jolie boite…

Et bien non, car cette différence de prix s’applique aussi sur des produits « virtuels », vendus en téléchargement.

Sur PC, la plateforme d’achat STEAM permet aux joueurs du monde entier d’acheter un jeu sous forme téléchargeable uniquement. Lancée il y a maintenant 5 ans, c’est l’outil le plus abouti pour la vente en ligne. A tel point que Valve a réussi a rallier dans son catalogue de gros éditeurs, tels que SEGA, THQ, Eidos ou encore Take 2.

Récemment, Ubisoft a rejoint la plateforme, et propose donc quelques titres… pour les joueurs non européens.

Annoncé en grande pompe, le titre Rainbow Six Vegas 2, développé par Ubisoft Montréal, est disponible uniquement au Canada et aux Etats-Unis. Oui, on se fait AUSSI enculer par nos cousins d’Amérique. Mais ne nous arretons pas en si bon chemin, a quel prix est vendu ce fabuleux jeu sur STEAM ? 50$, soit environ 31€, contre 50€ dans toutes les FNAC de France.

Rappelons tout de même que Montréal est connue pour être la quatrième agglomération francophone au monde, ce qui justifie les frais de traduction.
Mais comment expliquer l’accès impossible à ces jeux via Steam pour nous les Français ? Un clic sur le lien du catalogue nous renvoi vers… le catalogue. Aucun jeu Ubisoft.

Depuis quelques années, on assiste en France à une recrudescence du piratage des jeux, quelle que soit la plateforme. Je n’excuse pas ces pratiques, mais est-ce une bonne solution que de tirer les prix vers le haut ? Imaginez un monde ou les consoles dernières génération couteraient moins de 200€, et dans lequel les jeux se négocieraient aux alentours de 35€. Une bonne source d’augmentation de notre pouvoir d’achat, non ?

14