CINEMA
Les incohérences
aussi quelques ajouts, tels que la chorale (avec des paroles, malheureusement traduites en français dans la VF, qui deviennent complètement incompréhensibles au bout de vingt secondes... et quelque part, c’est pas plus mal), mais J.K. Rowling, l'auteur de la série, reste là pour veiller à l'adaptation de son oeuvre ; d'après Premiere, Cuaron avait écrit et story-boardée une scène où des lutins sautaient, les uns après les autres, sur les touches d'un orgue pour faire une mélodie dans le hall de Poudlard. Refus catégorique de Rowling, la scène n'étant pas dans l'esprit du livre. Ouf. A ce train là, dans le cinquième film, on aurait eu Harry qui sautait les lutins dans le hall de Poudlard.

Malgré ces petites faiblesses scénaristiques, le très gros point fort de ce film reste tout de même sa photographie. "Alfonso utilise très rarement le gros plan et favorise le grand angulaire qui donne à l'environnement autant d'importance qu'aux acteurs" explique Michael Seresin, le directeur de la photographie. Des décors toujours aussi superbes, une ambiance assez noire qui colle parfaitement à certaines scènes... et tout un tas d'effets spéciaux, des Détraqueurs très crédibles au Magicobus beaucoup plus magique qu'on l'imaginait. A défaut d'avoir des "Behing the scene" dans les DVD des films, Allociné nous explique la réalisation de ce Magicobus : << Construit à partir du châssis d'un vieux bus rouge londonien, le Magicobus à trois étages devait donner l'illusion de rouler à 160 km/h dans les rues de Londres. Tournées en décors naturels, ces scènes ont en réalité été filmées au "ralenti" : "Le véhicule roulait en fait à 50 à l'heure, et les voitures à 12", explique ainsi le chef-cascadeur Greg Powell. "Il a cependant fallu des semaines de répétitions avec nos conducteurs/cascadeurs ainsi qu'avec les passants, qui étaient tous des cascadeurs entraînés à marcher, très, très lentement pour crédibiliser l'effet". >> Et le résultat s'en ressent, même si la scène nous laisse penser qu'elle est simplement là pour remplir le quota d'action et d'effets spéciaux du film. Pour terminer, on notera une très bonne mise en scènes des "retours dans le temps", le public ne se doutant de rien (tout en gardant en mémoire certains évènements clés) jusqu'au retour dans le temps des héros et leur influence sur le déroulement de l'action. Moi-même, je n'ai compris qu'au deuxième visionnage du film la fausse mort de l'hippogriffe (rappelez vous, les héros regardent l'exécution tandis que le bourreau tranche en fait une citrouille), ou bien pourquoi le saule cogneur ne bouge pas lorsque les héros ressortent de la cabane hurlante ; Lupin l'avait neutralisé avant son entrée.

Si nous parlions de groupes au début de cet article, c'est bien parce que les adeptes du livre seront déçus de voir autant de choses éludées, tandis que ceux qui ne l'ont pas lu ne comprendront que partiellement les quelques subtilités retransmises par le film. Cuaron réalise tout de même un très bon film, et je ne peux que vous inviter à aller le voir, mais un conseil_: ne relisez pas le livre avant, car vous seriez bien trop déçu de tilter à chaque fois sur les approximations. Mieux vaut n'avoir qu'un vague souvenir pour profiter au mieux de cette adaptation. Et on sera tout de même sceptique quant à l'adaptation du tome 4, Harry Potter et la Coupe de feu, qui sera cette fois-ci sous la direction de Mike Newell, et dont le tournage a démarré juste après la fin du troisième. 764 pages, soit près de 300 pages de plus, à adapter en un film de moins de trois heures... A moins de réaliser un film en deux parties, il est plus que probable que nous aurons une histoire encore plus morcelée. Et c'est bien dommage.

Bonne chance Mike.
Ce qu'ils ont oublié tout court

- Lors de la formidable scène où Harry vole sur le dos de Buck l'hippogriffe, on s'attend tous à ce qu'il hurle "I'm the king of the world !", tel Leonardo DiCaprio, mais finalement non. Inutile de rappeler que dans le livre, Harry est terrorisé.

- Il est écrit "Mooney" sur la carte du Maraudeur au lieu de "Moony".

- Les détraqueurs flottent au dessus du sol, mais ne volent pas. Dans le film, ce sont pourtant des supermans en puissance.

- Les apparitions d'Hermione dans les cours sont tout à fait improbables. En effet, son retourneur de temps lui permet effectivement de revenir dans le temps, mais elle réapparaît au même endroit. Elle devrait donc réapparaître peu avant le cours, dans un autre endroit, et rentrer normalement avec tous les élèves dans la salle de cours.

- Le loup garou perd beaucoup de sa superbe en étant... imberbe. Certains le comparent même à Gollum, du Seigneur des Anneaux !

- Lors de l'hilarante scène où Hermione fait quelques looping dans les branches du saule cogneur, elle attrape à un moment Harry au passage, en laissant sa main sur son tshirt pendant près de 4 secondes. L'effet est humoristique, mais a-t-il sa place dans une scène aussi grave ?

- Le rapprochement entre Hermione et Ron est beaucoup trop explicite dans le film.

- Plus globalement, les personnalités des héros sont tronquées dans le film. En effet, dans le livre, Hermione panique dans la cabane hurlante, restant en retrait, tandis que dans le film, elle en devient "Miss Superman". Dans le livre, Ron est peureux, mais lorsqu'il s'agit de Harry ou d'Hermione, plus rien ne l'arrête ; il défend Harry lorsque Sirius approche, etc. Dans le film, il n'y a que son coté trouillard qui ressort.

- Lorsque Harry se rend à Pré-au-lard avec sa cape d'invisibilité pour retrouver Hermione et Ron, il arrive lorsque ceux-ci sont avec Drago Malfoy. Mais à un moment, sa cape d'invisibilité tombe et Malefoy reconnaît Harry, ce qui lui pose des problèmes par la suite.

- Harry trouve Cho Chang, une élève de Poudlard, assez séduisante... elle n'apparaîtra pas dans le film.

- Quand Harry casse son balai, il en reçoit un tout neuf. Dans le film, il l'essaye tout de suite et le film se termine sur cette note positive. Dans le livre, le balai est confisqué par le professeur Mac Gonnagal pour être démonté, afin de s'assurer qu'il n'est pas envoûté.

- Durant cette année, Harry ne peut pas se rendre à Pré-au-lard puisque son autorisation de sortie n'a pas été signée. Sirius Black étant officiellement son parrain, il lui envoi à la fin du livre une autorisation de sortie signée, pour l'année prochaine.

- Enfin, bien qu'il se passe des choses dans le livre, aucune nouvelle de Vous savez qui dans le film...
Nomalz
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