Bon, le temps de digérer mon échec, d'imaginer le moyen le moins douloureux d'en finir avec cette vie de merde que j'assume pas...
Je sais pas ce qui fait que je suis pas planqué sous ma couette depuis lundi. Ce n'est sûrement pas un sursaut de motivation de ma part. Probablement un soutien provenant des mêmes personnes depuis des années. C'est paradoxalement ce qui m'insupporte le plus, être encouragé par les mêmes et les décevoir encore.

Je me suis planté. Ce que j'appelais mon "plan B", solution palliative à mon inactivité, n'est désormais plus qu'un souvenir que je souhaite enterrer aux côtés de nombre de mes espoirs.

Je pars stressé, conduit par mon beau-père sur 70 kilomètres, direction un bled paumé où les épreuves ont lieu. J'arrive en avance, on m'explique brièvement le déroulement de l'après-midi sans me dévoiler le contenu des travaux à effectuer. Quatre épreuves pour trois heures de sommeil.
Entre chaque, on attend dans une pièce en travaux. On se croirait chez le médecin.

En un, une éclusée. Je m'en sors plus que bien malgré quelques questions insidieuses qui me font trébucher.
Deux, test de sécurité : jeter une bouée à portée d'une autre symbolisant une personne à secourir dans l'eau, puis ramener la bouée lancée et ranger la corde. Risible, bien que je finis plein de boue.
Trois. Epreuve d'endurance. Le stress monte quant on m'en parle. Tout ce qui a attrait au sport me rebute, à tel point que j'arrive à prendre des branlées sur Mario Football contre un pote qui ne joue pas à la console. Ironie mise à part, l'épreuve consistait en trois étapes, sans que j'arrive à passer la première. Saloperie d'épaule. J'arrête là, dépité, trempé par la pluie qui se déclenche quand c'est mon tour d'y passer. Je suis dans un autre monde. J'ai perdu.
Je pensais avoir une chance sur l'oral, dernière étape du concours, mais mon échec est éliminatoire. Pas la peine de le passer, je m'en vais.

Je repars à la voiture où mon beau-père m'attend. Je lui bafouille trois malheureux mots et on repart, dans le silence. Je sors mon lecteur mp3 non pour écouter de la musique, mais pour m'isoler. Pas envie de parler. Il devra supporter une heure sans discussion. J'en suis navré pour lui, mais sur le coup, rien ne m'importe plus que de savoir ce que je vais faire en rentrant. En finir ? Devenir criminel ? J'ai le regard dans le vide, je ne lâcherai pas un mot.

On arrive enfin chez nous. Ma mère n'est pas encore là, tant mieux. Je monte dans ma chambre en trainant les jambes. Je me déshabille et plonge dans mon lit. On ouvre ma porte. Ma mère. Je n'ose pas la regarder, honteux. C'était mon plan B. La solution à mes problèmes d'oisiveté. Elle me demande ce qui s'est passé. Trois mots bafouillés, encore, ce qui lui fait comprendre que je ne veux pas parler. Elle me laisse, je m'endors.

Que dire de plus ? Je suis évidemment dégoûté de m'être planté aussi bêtement. J'en veux à la terre entière, j'en veux à mon épaule de ne pas supporter les charges et j'en veux à ce genre de détails à la con. Par dessus tout je m'en veux encore plus d'avoir échoué, sur ce que je présentais comme MON opportunité. Cf le Qatar, cf Dijon...
Je fais néanmoins la part des choses. Ca va juste m'agacer d'avoir à répéter à tout le monde que non, je n'ai pas réussi, et surtout pourquoi je n'ai pas réussi.

J'ai un plan C. Retour à Dijon. Stay tuned.

Metallica - One