Life is rewritable

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Ragefeu, la suite

Chapitre 2

Les premiers combats furent simples. Notre guerrier me mettait toutefois dans des états de stress importants lorsque les coups qui lui étaient portés ne faisaient pas que le chatouiller.
Les orcs aiment les coups, c'est une évidence. Néanmoins, quand il lui arrivait de prendre de bonnes grosses baffes, notre machin vert à nous perdait tout contrôle et se mettait à hurler "ILE AIFFE DAI PAI !". Quelquechose dans le genre. J'ai mis du temps à saisir la subtilité de ce qui appartient sûrement à un ancien dialecte orc. Cela semble signifier "j'ai mal, soigne mes blessures s'il te plait".
Chaque fin de combat fut ponctuée par un "jéjélaule", qui veut dire "bravo" ou équivalent. "Laule" revient d'ailleurs régulièrement dans des tas d'expressions orcques, telles que "KRITIKELAULE", "LAULEPOUNAIDE" ou "NINJALAULE".
Je vois mal le rapport entre la barbarie de notre bestiole verte - qui en ce moment se gratte la tête avec un pied de démoniste - et la subtilité de l'art ancien ninja.
Enfin bref... Toujours est-il que "laule" reste inexplicable, surtout que ce mot est énoncé sous d'autres formes. "Aulaulaule", "loule" (probablement une diffèrence d'accent), le plus étrange de tous, "aulaulaulaulaulaulocarray".
Cela, je pense, restera à tout jamais un mystère pour l'inhumanité.

Les combats se compliquèrent lorsque nous arrivâmes face aux troggs. Leurs chamans, non contents de lancer d'aveuglants et dévastateurs éclairs, régèneraient leur santé ainsi que celles de leurs accolytes.
Il avait été décidé que ce soient ceux-là à tomber en premier sous nos coups. Les affrontements étaient alors nettement mieux gérés.
Il n'était pas rare qu'une patrouille, alertée par le bruit des combats, se mêle à la bataille. Parfois même, notre groupe se retrouvait en sous-nombre face à d'impitoyables troggs désireux de nous déguster en chanson autour d'un feu.
Mais la sauvage appelée Pantouffe qui nous servait de coffre-fort sur pattes encaissait bien les coups, et c'est avec enthousiasme qu'elle hurlait des "DAÏLLE PLIZE DAÏLLE", souhaitant la mort de tous ses adversaires, cris bien souvent suivis d'un "RAINAUVE AIFFE DAI PAI". Une variante de l'habituelle demande de soins.

Une fois les troggs éliminés, nous parvînmes à l'antre du premier lieutenant de la Lame de Feu, non sans avoir nettoyé au préalable...
- C'est quoi un préalable ?
- Ca veut dire "avant" quoi.
- Ah. Zog.
... la salle dans laquelle il se trouve, afin de l'affronter sereinement et surtout, les pieds baignant dans le sang encore chaud de ses sous-fifres.
- Le sang c'est bien ! Sauf le mien !
- Tu permets que je continue ?
... Où en étais-je ? Ah, oui. Le premier vilain.
Taragaman l'Affamé. D'apparence démoniaque, environ trois mètres de haut, une épée aussi grande et large que mon regretté oncle Hubert (qui se prenait pour un murloc et qui fut enterré vivant - il eut une vie tout à fait exceptionnelle), une cuirasse à l'allure impénétrable. Le combat s'annonçait grandiose.
Il débuta grâce à l'elfe qui lui jeta un caillou dans l'oreille.
Nous la fixâmes, partagés entre la rage, la surprise, et l'envie de pactiser avec le boss en la lui offrant en sacrifice.
- Bin quoi ? J'aime pas les démons, ils sont laids et ils sont méchants !
- Pas de temps à perdre.
Reprenant mes esprits pour le reste du groupe, j'ordonnai à chacun de se tenir à son rôle.
- Le voleur, tu cours dans son dos et tu le frappes comme tu peux avec tes machins, là.
- Mes dagues.
- Oui, si tu veux. Et je veux pas qu'il se sente comme en séance d'acupuncture. Fais-lui mal !
- Une fois, j'ai pris rendez-vous chez un chaman pour une séance...
- L'elfe, tu la fermes.
- D'accord pfff... Je fais quoi alors ?
- Rien. Tu la fermes, c'est tout. Pantouffe, euh, bin... fais gaffe.
Un affrontement de cette taille était une première pour le voleur. Ses dents claquaient en rythme, aussi décida-t-il de les ranger dans sa poche.

La bave aux lèvres, Taragaman s'avança vers le groupe. Sa fureur était ressentie par tous. Finiraient-ils esclaves de la Lame de Feu, ou auraient-ils plus de chance en mourrant sous les coups du monstre qui n'était qu'à quelques mètres d'eux désormais ? L'issue de ce combat était incertaine. A l'inverse, une chose était sûre : ces moments resteraient à jamais gravés dans les mémoires de nos jeunes aventuriers encore trop peu expérimentés.

Ragefeu, première partie

Ragefeu n'était qu'une menace mineure certes, mais présente au sein même d'Orgrimmar, la capitale des Orcs. Thrall l'avait ordonné. Il fallait éradiquer la tumeur qui rongeait le coeur de la cité. Et nous allions opérer, à grands coups de haches, au préalable stérilisées dans du sang d'elfes des bois.

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écriture automatique

Deftones.
Dijon. Le froid. Le bus. Les tickets de bus. Les écouteurs vissés aux oreilles. Le bonnet sur la tête. L'écharpe au cou. L'acné. La timidité. Le rayon métal de la FNAC. La fac. Les cours. La pomme de terre dans le Puy-de-Dôme. La fille mignonne qui lisait des mangas en anglais. Le barbu de ma classe que je croyais être amateur de reggae, et qui se révèle faire parti d'un groupe de métal très moyen. La bouffe de la cantine. Les pizzas. Le Cherry Coke. Les cigarettes. Les joins. Les bières. Les épiceries de nuit. Mairig Kebab. Le train. La déprime. L'envie de tout laisser tomber, les études, les potes, la famille, la vie.

Tout ça c'est loin, mais c'est parfois bon d'y revenir, histoire de jeter un coup d'oeil sur le passé. Parfois. Sans regret.

Mais bien joué l'oiseau !


Merci à Jason pour le lien.

Billy Talent - Nothing to Lose


Need more friends with wings

All the angels I know

Put concrete in my veins

I’d always walk home alone

So I became lifeless

Just like my telephone



There’s nothing to lose

When no one knows your name

There’s nothing to gain

But the days don’t seem to change



Never played truth or dare

I’d have to check my mirror

To see if I’m still here

My parents had no clue

That I ate all my lunches

Alone in the bathroom



There’s nothing to lose

When no one knows your name

There’s nothing to gain

But the days don’t seem to change

There’s nothing to lose

My notebook will explain

There’s nothing to gain

And I can’t fight the pain



Teachers said "it's just a phase"

When I grow up my children

Will probably do the same

Kids just love to tease

Who'd know it put me underground at seventeen



There’s nothing to lose

When no one knows your name

There’s nothing to gain

But the days don’t seem to change

There’s nothing to lose

My notebook will explain

There’s nothing to gain

And I can’t fight the pain



There’s nothing to lose

When no one knows your name

There’s nothing to gain

But the days don’t seem to change

There’s nothing to lose

My notebook will explain



There’s nothing to lose

When no one knows your name

There’s nothing to gain

And I just died today




:'(



Bilan

J'ai une tonne de choses à dire.
Cette journée s'annonce merveilleuse.

Je ne crois pas nécessiter mes lunettes de soleil aujourd'hui.
J'arrive quelques minutes après 9h, un bateau est déjà là, les manivelles ne le sont pas. Un bon coup de speed dès le matin sous la pluie, rien de tel après avoir fêté mon anniv' ce week-end.
De ma môman, j'ai eu un polo Lacoste, une casquette noire à la Hatebreed, du déo, un gel douche, enfin une veste en jean Diabolik qu'elle est trop classe. Pas d'autres cadeaux si ce n'est sonnant, trébuchant et en assez grosse quantité pour satisfaire mes envies de fringues pour quelques mois.

L'heure est au bilan de l'année disons, biologique qui vient de s'écouler.
J'ai arrêté de me mettre la tête à l'envers. Par là, j'entends fumer des joins, et l'alcool ne me tente plus. Non pas que j'ai un problème avec l'un ou l'autre. Encore que le bédo... Bref, c'est fini. J'ai compris qu'en avoir et fumer de temps en temps m'était impossible. Je ne crache pas sur quelques lattes une fois dans le mois; mais c'est bien là la seule dose que j'accepte.
Je pourrais en parler des heures, mais j'ai suffisament à dire pour l'instant.

Mon séjour au Qatar m'a été très bénéfique, ne serait-ce que pour m'avoir forcé à arrêter de fumer. Passons sur le fait que j'avais grand besoin de voir autre chose que le paysage de notre chère vieille France.
Cela m'a socialisé, et il était grand temps. J'ai pris conscience que, sorti de ma ville, la plupart des gens que je rencontre sortiront vite de ma vie. J'ai ainsi dit merde à la timidité maladive dont je faisais preuve.
Côté professionnel, même en n'ayant pas trouvé de job, j'ai eu à faire face à des tas de gens, pour des entretiens d'embauche, des histoires de C.V., et tout et tout. J'ai appris à me bouger le cul.
Côté pratique, on m'a enseigné à survivre au milieu des féroces 4x4, et j'ai bien progressé niveau anglais.
C'était très plaisant de revoir mon frère et de rencontrer ma belle-soeur, ça l'était moins de supporter les gosses. Faut que je travaille là-dessus.

Retour en France.
Côté coeur... Maëlle, Charlotte, Ondine. Trois histoires difficiles. Certaines faites d'attente, de patience à forte dose, d'autres s'annonçant d'entrée sans avenir.
Toutes, douloureuses. Le pire de tout c'est que j'en redemande encore, et encore.

Côté vie sociale, le Qatar m'a fait prendre du recul sur certains qui se disaient être mes amis.
Quand soudainement, passer ses week-ends à se mettre une mine ne devient plus votre passe-temps favori, le regard des gens change sur vous, et plus encore à l'inverse.

Côté boulot, les vignes c'était bonne ambiance. La paye n'était pas ce que j'en attendais, mais de toute façon elle était destinée à rembourser ma dette auprès du frangin.

J'en viens aux écluses, avec la nouvelle que j'essaie avec impatience de vous livrer depuis une semaine. Voilà.
Les écluses, c'est pas le boulot le mieux payé du monde, mais certainement que ce n'est pas le plus stressant. Tant qu'à faire, autant être moins payé que de mettre 200€ par mois dans des cachetons parce qu'un petit chef me casse les noix.
J'ai donc décidé de passer le concours pour devenir éclusier à l'année.
Je vous avoue que c'est plutôt inattendu comme décision, pour tout le monde, moi y compris. Je pensais déjà que ce travail nécessitait d'être pistonné comme je l'ai déjà dit, et je n'imaginais pas que cela me plairait. Mais en y réfléchissant, c'est le taf rêvé pour un branleur comme moi. Au pied du lieu de travail, dans une maison sans loyer durant 3 ans, un salaire pas exceptionnel mais suffisant pour vivre. Je n'en demande pas plus.

Si j'y parviens, nombreux seront ceux qui envieront mon contexte de travail.



               

Souhaitez-moi bonne chance.

Aux votes, citoyens !

Etant donné que demain, j'aurai moyen le temps de le faire - et que de toute façon je ne m'attends pas à d'autres participations - voilà les images du concours sur l'animal Chabal.

Dans l'ordre alphabétique :

Celos :


CQFD :


Evan :


Jason :


Memet :


Tonio :


Tps :


Et enfin la dernière, dont l'auteur ne me revient pas...


Pour un retour aux concours, c'est réussi vu le nombre d'images.
Merci à vous tous d'avoir participé !
Voici malheureusement venu le temps de vous entredéchirer : à vous d'élire l'image la plus drôle (deux votes par personne) !

Achète boite orange


The answer... is a gun. And if that doesn't work... use more gun.

Old men are fond of giving good advice to console themselves for their inability to give bad examples

De là où je suis situé, j'ai une vue sur l'un des axes principaux de ma petite ville. J'ai tout le loisir d'observer les gens qui la composent, par le fait de la visiter ou d'y habiter.
Et il y a cet homme que je croise depuis mes plus jeunes années. Il connait certainement mon nom, mes parents et une partie de ma famille. L'inverse n'est pas vrai.
Cet homme faisait jadis son chemin jusqu'au stade local de football. Etant donné que je n'y ai pas mis les pieds depuis des années, je ne saurais dire si c'est encore le cas, je dis cela pour situer la façon dont je le connais.
Je le vois régulièrement, et comme deux personnes qui pensent se connaitre, on échange un regard et probablement que la même pensée traverse notre son esprit : "Ah, mais c'est machin...".
Il y a cet homme, autrefois d'apparence souriante et agréable, marié, accompagné de deux horribles chiens-saucisses. Les cheveux grisonnants, l'allure lente et peu assurée, j'aurais désormais de la peine à le voir. De la peine de voir les années agir sur des inconnus - car ce sont eux que l'on voit vieillir, non pas les proches que l'on fréquente au quotidien.
Beaucoup de personnes âgées empruntent le chemin du canal pour se balader.
Autant le billet de Jason me fait prendre conscience que, enfant, je ne me suis jamais projeté en tant qu'adulte intégré au monde du travail (et que je persiste à ne pas le faire), autant je réalise que je me demande à quel type de vieux je vais ressembler.
Le type sénile, dépendant des autres jusque dans les programmes télés que je n'arriverai pas à choisir ? Le genre incontinent qui se pissera dessus et qui réclamera qu'on change sa couche ? Ou bien encore le tuberculeux qui manquera d'évacuer ses poumons à chaque quinte de toux ?

Je ne sais pas si c'est mon 22ème anniversaire qui arrive à grand pas... je sais que vous allez me dire que je suis jeune, que j'ai la vie devant moi, mais en étant optimiste, j'ai déjà fait un tiers de celle-ci.
Avec la sensation de seulement commencer à vivre. D'être bien dans ma peau comme je ne l'ai jamais été, sans que ce soit le pied toutefois. C'est très étrange.
Vous croyez que dans cinquante ans, on jouera encore à Counter-Strike ? Combien de piercings aurais-je alors ?

Le Concours derrière un ballon

Un p'tit concours pour célébrer l'arrivée de la Coupe de Monde de Rugby, dont je n'ai pas grand chose à foutre vu que le rugby me saoule encore plus vite que le foot, mais qui vous donnera malgré tout l'occasion d'exprimer vos talents artistiques cachés (et pour certains, enfouis à une centaine de mètres sous terre).

Le thème du concours, c'est l'homme aux surnoms plus doux les uns que les autres. Caveman, le Yéti, The Bearded Destroyer...
J'ai nommé, Sébastien Chabal, un monstre parmi les monstres.


Oulah du calme !

Ce que je vous propose, c'est un classique "photo avec légende".
Je vous fournis les photos, vous me renvoyez celles qui vous ont plu, légendées. Pas de limite de participation, vous pouvez vous servir de toutes les photos, ou de la même plusieurs fois.
Le gagnant se verra retribué d'une photo de votre serviteur en train de jouer à Mario Party.

Sans plus attendre, les photos.


Un exemple :

Envoyez vos créations sur :


EDIT : Si le texte ne tient pas sur l'image, envoyez-le moi avec le numéro de la photo.

Merci de vos participations futures, que j'espère nombreuses !

Love on the boat

15H. Encore quatre heures à tirer. Trois bateaux ce matin, pas l'ombre d'un sur l'eau du canal cet après-midi.
J'essaie de tuer un peu le temps en écrivant. La légère excitation provoquée par la révélation de l'identité du tueur de l'un des romans d'Agatha Christie est vite retombée. Et un de lu, un !
J'ai un vieux coup de barre. Je serais seul sur les lieux, l'envie d'une sieste surpasserait celle d'écrire, et je roupillerais comme un nouveau né en ce moment.

Ha ! une nana, ancienne camarade de l'école primaire, passe à l'instant à côté de ma voiture. Cela faisait plusieurs années que je ne l'avais pas croisée, néanmoins je ne suis pas surpris de voir qu'elle a fini avec une racaille locale. Pauvre fille. Que le destin est cruel.
Cela vaut parfois mieux que d'être célibataire. "Mieux vaut être seul que mal accompagné" ? Le type à qui on doit cette phrase devait sûrement avoir un problème avec la gente féminine.
Je pense à mon ex, la dernière en date. Elle demande des nouvelles de moi. J'ai pris ceci comme un sursaut affectif de sa part, et croyant à une réconciliation possible, pour la troisième fois j'ai fait le premier pas. Un rapide échange de SMS me montrera que j'avais tort : elle n'a aucun remord quant à notre rupture, malgré que ce fut elle le point de départ vers la fin de ce qui aurait pu être une tendre et belle histoire d'amour. Dommage pour toi ma fille.

J'ai toujours vu l'après-séparation telle une course vers la recherche de quelqu'un d'autre, comme pour faire souffrir l'ancien partenaire.
Je dois cette façon de penser aux mauvais rapports généraux que j'entretiens avec mes exs, si l'on excepte deux d'entre elles avec qui l'histoire s'est finie pour des raisons autres que sentimentales.
Ces deux-là toujours mises à part, j'ai pratiquement gagné toutes les courses, allant me jeter dans les bras d'une ex ou de la première connasse venue.

Bientôt 22 ans, et de ma courte expérience de ce que je crois être l'amour, j'en retiens que c'est égoïste, cruel, hypocrite, douloureux, mais que ça vous prend aux trippes comme aucun autre sentiment, tout en les compilant. On a peur, on doute, on pleure, on jubile, on rit, on est heureux.
L'amour est imprévisible.
Chaque rencontre est comme un pas supplémentaire vers l'inconnu.
C'est sûrement pour cela que j'y suis accro.

CCC

Suite des aventures de mes félins.
Je rentre de ma journée (bien remplie, trois bateaux) accompagné de mon cousin qui souhaite que je lui fasse une démo de Dawn of War, on rentre dans ma chambre, je vois l'un de mes chats qui est couché sur mon lit, la langue tirée. Je commence à rire vue la tronche qu'elle se paye ainsi, mais je déchante vite. Sa langue est sèche comme du papier de verre, elle a du mal à respirer, et elle bave. En panique, je cherche le numéro du vétérinaire de la ville. Je trouve dans les pages blanches. J'appelle, une femme me répond et s'excuse d'avoir composé un mauvais numéro. Je reste bouche bée sans pouvoir lui dire que j'étais celui qui appelait.
C'est dans les pages jaunes que je trouve le bon numéro. On me conseille de venir vite, ce à quoi j'obéis non sans avoir eu du mal à rentrer la bestiole dans sa boîte. Elle miaulera sur tout le trajet, signe qu'elle respire.
Une jeune et charmante vétérinaire prend en charge mon chat, avec douceur contrairement à son patron ("viens ici abrutie", dit-il en sortant mon chat aux ligaments pétés de sa caisse). Elle l'examine, me pose des questions sur ce qu'elle aurait pu avaler de dangereux et me propose de la garder en observation pour la nuit. J'accepte avec soulagement, sans ça je pense que j'aurais passé la nuit à la surveiller.
Mon chat se calme, et rentre sagement dans sa caisse.

Courage minou.

Sinon, journée de boulot habituelle si je peux dire malgré que ce soit seulement ma deuxième. Trois bateaux. Mon cousin et sa copine ont squatté une partie de l'après-midi, et heureusement. Merci d'être venus !
Mon ex, dont je suis toujours amoureux, ne sait pas ce qu'elle veut ou alors j'interprète vraiment mal les signes féminins. Elle a demandé de mes nouvelles. Mouais.

Mouais.

Drowning moule

10h du matin, à l'écluse de Cheney, Yonne.

J'écris sur mon agenda d'étudiant à Dijon, daté 2005-2006. Quelle ironie.
Premier jour de boulot. Première heure passée à écouter les explications d'un agent d'entretien qui remplace occasionnelement les éclusiers. Visage familier, non sans raison, il connait mon frère et mon père pour avoir joué au football avec eux.
Première heure et déjà, je trouve le temps pour écrire.
Je jette un coup d'oeil régulier afin de voir si un bateau s'approche. Je prends mon job au sérieux tout de même.
Ca a l'air assez compliqué sur le coup, pas mal de choses à retenir mais au final c'est une question de logique. "Ca marche comme une grosse baignoire" qu'on m'a dit, sauf qu'elle fait 5000m³ ta baignoire, rien que ça.
Fermer le courant, ouvrir les portes, attendre que les saisonniers rentrent, fermer la porte, ouvrir le courant, ouvrir la porte en amont, faire passer le bateau, refermer, vider, ouvrir en aval, fumer une clope après l'amour. Ne pas oublier de dire bonjour.
Et ce trois heures le matin, le double de temps l'après-midi. Pendant un mois. Voire deux.
Je ferais bien une sieste moi. Ou un Counter-Strike.
Si je me plains de déjà commencer à m'emmerder, je connais ma guigne, les bateaux vont affluer.

Dum dum dum dudum.

C'est sûrement le seul boulot où tu peux ne rien faire en toute sérénité.

J'ai du Agatha Christie à lire. Ca va tuer un peu le temps.
Dudum dum dudum.

Je vois bien la situation où, plongé dans le roman, je me retrouverais avec 12 bateaux plein à craqués de plaisanciers mécontents, m'insultant en allemand dans l'attente de pouvoir continuer leur voyage sur le canal de Bourgogne. Ha ha ha. Hum. Tadada dum dududum.

1h30

Un bateau dans la matinée, des américains. Une porte impossible à rouvrir malgré toutes mes tentatives. J'étais désespéré. Premier jour de boulot, premier bateau, déjà les ennuis commencent. Peut-être que les conséquences ne vous sautent pas aux yeux, mais aux miens c'est très clair.
Paniqué, j'appelle le responsable qui ne répond évidemment pas. Heureusement j'ai un deuxième numéro, et c'est avec soulagement que je peux expliquer le problème.
"Je reprends à 13h. Ah, quant aux agents de l'entretien c'est 14h ? Bon bin très bien. Bonne journée aussi *hmm*."
J'arrive sur place, pas de bateau. Contrarié et gelé par ce temps digne d'un mois de novembre, je m'installe dans ma voiture. Surtout, ne pas dormizzzzzzzzzzzz.
Je suis réveillé par un des agents en question. L'affiche... Ils se montrent cools avec moi, comprenant le problème et le résolvant sans toutefois en connaître la cause. Ils repartent après une discussion qui fait du bien au moral. Cinq heures seul à rien branler dans le froid, ça commence déjà à attaquer le mental.
Des jeunes s'installent près de ma voiture et entament une partie de pétanque. L'un d'eux me taxe une cigarette et l'on parle un peu, mais pas trop car après les banquiers-assureurs, ils font partie de la sous-couche sociale que je déteste le plus : les fashions-racailles. J'y reviendrai dans un autre post un peu plus tard.
Milieu d'après-midi, un deuxième bateau arrive, des anglais cette fois-ci. Mon cousin et sa copine arrivent pour m'admirer en pleine action, et je fais genre "ouais t'as vu je bosse_quoi". Le bateau part. Je n'en reverrai pas d'autre.
C'est chiant à mourir comme boulot. Je bouquine, j'écoute de la musique, je mange, je fume. Pendant neuf heures. Et je suis payé.
Je suis éclaté de ma journée de non-travail, à lutter contre le sommeil et l'ennui.

Je veux retourner aux vignes RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH


Comme ça je ne serai pas le seul à avoir ça en tête. En vous remerciant !

Grudge within le cul des chats

Jeudi matin, mes parents partent en vacances pour la Tunisie.
Sur l'instant je n'y pense pas, mais lorsque les ennuis commencent, tout devient limpide dans mon esprit : il se passe toujours quelquechose lors de leur absence.
Jeudi soir, alors que je rentre de chez mon cousin vers minuit, je croise l'un de mes quatre chats dans la maison, marchant sur trois pattes. Alleeeeeez...

Résumé des épisodes précédents :
Il y a un an et demi, je sors de mon lit, je marche dans du vomi de chat. Je nettoie à grands coups de rouleaux de PQ, étant donné la plaque qu'on a laissé devant ma porte. Le tout fini dans les toilettes, ce qui - je ne l'aurais appris qu'après coup - a pour effet de boucher celles du bas, qui débordent.
Il y a un an, le même chat se retrouve avec une infection à la patte, suite à une morsure. Ce fut très sympa de tenir mon chat chez le véto alors qu'il appuyait sur sa patte pour faire sortir le pue, avec la douceur d'un viking nécessiteux d'alcool pressant un tonneau de bière pour en boire les dernières gouttes.
Durant cette même absence parentale, alors que je m'installe confortablement dans mon lit, je ressens une piqûre dans le cou qui m'empêchera de dormir. Vous savez, c'est cette petite douleur qui vous rappelle que vous avez oublié quelquechose d'important. A ne pas confondre avec la piqûre du remord. En l'occurence, j'avais oublié un de mes chats dehors.
Pfouuu, Super Chill en caleçon à la rescousse, je ressors à une heure du mat' pour trouver le matou. Je fais tout le quartier, suivi de deux autres de mes chats, à la recherche de la vieille qui ne sort jamais en temps normal mais qui a décidé de me faire chier précisement ce soir.
Une demi-heure à chercher, je commence à perdre espoir, je me dirige vers la maison une boule dans la gorge, putain je vais le retrouver claqué dans un coin, c'était MON chat, mon premier, la haine... et qui je vois alors pointer son museau à un mètre de ma porte ?... "T'étais où connasse ?!" Je lui crie un peu dessus, normal j'ai flippé, mais elle ronronne alors j'arrête vite.

Enfin, couché à 5h vendredi, levé à 8h pour emmener le chat qui marche sur trois pattes chez le véto. Elle aurait les ligaments croisés du genou abimés. 8 à 10 jours de traitement et de repos, et en cas de non-amélioration, une opération sera à prévoir.

Ca arrive souvent qu'on me charge des machins urgents d'une importance vitale pour le monde civilisé et dont je ne suis pas du tout au courant au départ. Cf Western Union.
Et jeudi, Global Services. Un message sur le répondeur de la maison, réclamant un appel de notre part à propos d'un colis en provenance du Qatar.
J'appelle ma mère pour savoir ce qu'il en est. Je saurais plus tard que le colis a été envoyé par mon frère avant qu'il n'arrive en france (début juillet) et qu'il contenait des livres destinés à la mosquée de ma ville. Bref, j'appelle ensuite le numéro donné sur le message, avec pour mission de donner les noms des gens qui iront chercher le colis à la place de mon frère, étant donné qu'il est rentré. Je leur explique la situation, que j'appelle pour les noms, qu'une procuration a été faite. On me répond que c'est à mon frère d'envoyer la procuration par fax *la femme commence à me donner les détails*, et je commence à ne plus rien comprendre lorsqu'elle refuse de prendre les noms. Elle me passe sa collègue pour aller au "pipi-room" (j'entends tout ce qu'elles se disent).
Je raccroche en leur disant que je rappelerai.
Ma mère à nouveau au bout du fil qui m'explique ce que j'ai déjà compris. Je rappelle Global Services, énervé. Je tombe sur la deuxième nana, et malgré qu'elle ait l'air gentille, je lui dis de me repasser sa collègue pour que j'évite de tout réexpliquer. J'entends qu'elle répète ça à sa collègue. Je récupère ma première interlocutrice, qui me coupe la parole et tente de me ressortir son baratin. Contre-attaque, à mon tour je lui coupe la parole et je lui explique calmement que les personnes qui vont venir chercher le colis ont une procuration de mon frère.
"Ah, très bien alors !", qu'elle me sort. Elle raccroche sur un "Bonne journée au revoir".
Je reste comme un con avec le téléphone. Je lui en voudrais presque si ce n'était pas qu'un simple objet. J'ai passé près de vingt minutes au téléphone à m'expliquer avec une inconnue, pour au final tomber d'accord sur le fait que nous étions d'accord et pour se dire que cet appel était inutile en fin de compte. C'est formidable.

C'est quand même beaucoup d'emmerdes en majorité à cause des chats.

Sinon, c'est un peu le bordel ici, je ne me lève pas avant 13h (et je commence le boulot lundi à 9h), y'a des canettes de Pepsi un peu partout, des fringues qui trainent, ça fait près d'une heure et demie que j'écris, je n'ai fait ni pompes ni abdos, ce soir je sors et je suis pas encore douché, encore moins habillé, et je trouve pas de fin à ce billet que je n'ai pas envie de relire avant de le publier.

Chill s'éclipse discrètement et vous laisse sur votre faim.