Attention, ce post peut contenir des spoilers, des morceaux de haine et des termes incompréhensibles pour les joueurs réguliers.
Assassin's Creed, ou se mettre dans la peau d'un assassin (là j'ai honte de mon intro).
Ou presque, parce que ce serait trop simple. Les gars d'Ubisoft Québec - ou Canada je sais plus - nous ont pondu un jeu vraiment étrange.
Durant l'installation du jeu, tout fébrile que j'étais à tester ce jeu décrit comme une bombe par tous mes proches, je me renseigne un peu sur l'histoire avant de me lancer; parce que je suis comme ça, j'aime bien connaitre le background d'un film ou d'un jeu pour savoir à quoi je m'attends.
Desmond, époque contemporaine, Animus, professeur ? Ce sont là les infos que je trouve régulièrement au fil des pages. Là je m'inquiète, car le jeu c'est l'histoire d'un assassin qui tue des barbus et des croisés, alors si je joue pas un assassin qui tue des barbus et des croisés, je vais m'énerver, même si je l'ai pas payé le jeu. Qu'il bute des barsés et des croibus, à la limite...
/!\ Interlude de haine /!\
J'assume, on m'a prêté l'ISO. Marre de me faire enculer quand j'achète des jeux. Bordel c'est vrai, j'achète CS:Source sur Steam, ouais il est beau, nuke est splendide, d2 également, MAIS PUTAIN C'EST DE LA MERDE A JOUER ON DIRAIT CS 1.6 SOUS PROZAC ! Joué 3h en 4 ans. Je l'installais pour le montrer aux gens ou pour admirer les maps, seul avec ma main et ma bite (fap fap fap !) pour ensuite lancer CS 1.6.
Vient WoW, ouais WoW, vie sociale déjà pas brillante, difficulté à s'intégrer à un MMO quand on a un caractère de con comme le mien. Ca, ça va encore.
Puis Loki (lien 1), la bouse Loki (lien 2), l'arnaque Loki (lien 3), qui m'a donné envie de brûler le mec de jeuxvideos.com qui l'a testé. Ensuite, Bioshock, beau, beau, et beau. Et chiant. Joué environ 3 heures, la boite prend la poussière quelquepart dans ma chambre.
Crysis, acheté 50€... le problème c'est que je n'ai pas de lecteur DVD qui marche, et ça évidemment, je l'ai su grâce au jeu lol. Donc on m'a prêté l'ISO d'un jeu que je venais d'acheter.
Enfin, WoW saison 2. Petite explication pour démarrer : WoW est un jeu qui nécessite la création d'un compte, qui regroupe ensuite vos personnages. Ces comptes se font de plus en plus pirater pour être dépouillés de leurs pièces d'équipements, argent et objets divers. Voilà pour l'explication. Après m'être fait piraté mon compte, je le récupère dans l'après-midi avec tous mes objets. Quatre jours plus tard, rebelotte, sauf que ce coup-ci j'ai droit à une enquête de la part de Blizzard, ce qui signifie une fermeture temporaire (erm...) de mon compte pour qu'ils déterminent la cause du problème.
Deux semaines s'écoulent et je récupère mes personnages, à poil. Deux jours pour que la procédure suive son cours et qu'à nouveau, mon compte soit fermé pour restitution de mes objets, ce qui prend entre 24 et 72h. Sauf que ça fait maintenant deux semaines que mon compte est fermé, apparement banni pour une raison qui m'échappe.
Le SAV ne répond pas, le forum est inaccessible aux gens piratés... LA MERDE QUOI ! FUCK ! Zéro transparence, zéro sécurité, zéro intérêt porté aux joueurs. Jamais plus je ne toucherai à un jeu Blizzard. Et je n'aurai pas l'occasion de me faire un peu de fric en vendant mon compte.
Voilà pour la parenthèse un peu longue mais nécessaire, je crois.
Revenons à Altair et Desmond, notre héros qui sont deux sans être le même et c'est le bordel dans l'histoire qui aurait pu être si simple !
On démarre le jeu dans la peau de Desmond, jeune barman de notre époque, apparement prisonnier d'une sombre entreprise qui recherche un artefact datant du XXe siècle. Le professeur chargé d'une étude, cynique et sans grande compassion envers vous, se sert d'une machine - l'Animus - pour retrouver la mémoire de vos ancêtres - et particulièrement celle d'Altair - enfouie dans votre ADN. Voui, c'est compliqué.
Je n'arrive pas à saisir ce qui a pu passer par la tête des concepteurs du jeu. Ils ont voulu intégrer une sorte de trame extérieure à une histoire déjà pas mal complexe, et je ne vois que la sortie de deux autres opus derrière comme leitmotiv à tout ce bordel, Ubisoft tablant sur une trilogie - et heureusement d'ailleurs, parce que la fin n'en est pas une. Pan, premier spoiler.
Non vraiment, c'est se compliquer la tâche que d'aller chercher des trucs pareils. La partie jouable excelle assez pour qu'elle ait supporté une histoire écrite au coin d'une table après un repas bien arrosé.
Le jeu en lui-même maintenant. Les premières heures servent de tutorial, on y apprend les bases du personnage, déplacement, combat et interaction avec le monde. Les niveaux suivants voient l'apparition de nouvelles compétences, telles que l'esquive, les contres et les tatanes qui font plus mal. L'acquisition de nouvelles armes ou techniques verra un connard débiter la MÊME PHRASE à chaque fois. C'est malheureux mais on est beaucoup trop guidé pour un jeu qui se veut empli de liberté.
Le jeu se base sur des contrats à remplir, en soi, des gens à assassiner (ah, on y vient à ce putain de titre !). Avant toute chose, on passe par des enquêtes et une exploration du terrain... qui se fait par un système complètement abrutissant : on grimpe sur un bâtiment élevé, on active la "vision d'aigle" - une vue à la première personne - boum, cinématique, on a exploré un coin de la ville.
Les enquêtes se veulent aussi pénibles. On passe par une sélection du gars à espionner, puis on s'assoie sur un banc, hop "vision d'aigle" sur le type, on les écoute, bla bla cinématique. Ou on fait la même chose sauf qu'à la fin, il faut voler un papier à des pauvres types qui déclareront haut et fort "ce papier est super important, je dois le porter à insérez le nom du mec à assassiner", et qui auront tous la même réaction après le vol - se retournent, constatent la disparition du papier en question, s'indignent et se cassent comme si de rien n'était. Enfin, les enquêtes prennent la forme d'un interrogatoire-lynchage d'une personne en rapport avec insérez le nom du mec à assassiner, histoire d'en savoir plus sur insérez le nom du mec à assassiner (le copier/coller, ça a du bon).
D'autres actions vous permettent de faciliter votre contrat, notamment le sauvetage d'un passant oppressé par des gardes malveillants, et ce toujours à la dernière minute ! Ou pas. On tabasse les gardes, on cible le passant qui, dans un moment d'intelligence extraordinaire, nous sortira une phrase au hasard parmi ces quatre là :
J'aimerais que mes fils aient la moitié de votre courage.
Hmpf, j'aurai pu m'en débarasser seul, mais merci de votre aide.
C'était le dernier ? Je l'espère... En tout cas je ne sortirai pas de chez moi avant un moment.
Je vous dois une fière chandelle... toute la ville sera au courant de votre sacrifice.
Voilà, quand vous y jouerez et que vous les entendrez, vous penserez à moi.
Pour un assassin qui se veut discret, Altair ne l'est pas le moins du monde. Il peut exterminer une garde entière et repartir serein, son habit aussi blanc que mon cul malgré les litres d'hémoglobine qu'il a fait couler. Les passants s'enfuiront bien sûr, un ou deux gardes se pointeront histoire de voir le massacre, et suspicieux, la lame sortie du fourreau, commenceront une ronde afin de voir qui peut en être l'auteur.
Ce que je vais dire est plutôt contradictoire mais c'est la faute au jeu. Autant dans les premiers niveaux, c'est ainsi que ça se passe, autant sur la fin, t'as beau te planquer en train de prier dans un pot de fleur sur un banc posé à côté d'une charrette de foin, les gardes te grilleront quand même !
Les combats en détails maintenant, parce qu'il faut bien se taper quand même.
Mon record personnel de gardes enchaînés sans pause est de 32, hors missions finales qui voient des hordes d'ennemis vous assaillir (boum spoiler 2). Alors comment c'est possible ? Altair est juste trop fort. Il a beau être entouré de 8 ennemis, il contre tout. On contre, on tue un garde (sauf vers la fin, où le contre ne fait que projeter un garde au sol... qui pourra être tué de plusieurs coups sans que ses potes n'agissent). Et la vie se régénère d'elle-même avec le temps. Ca parait facile, et ça l'est, sauf qu'on a pas le choix parce qu'après ça se complique. Sur la fin, les ennemis contrent également, feintent, esquivent, ne sont pas tués après un contre, et surtout cassent la parade ce qui te fait prendre un ou deux coups.
Viennent les points qui peuvent sembler être des détails mais qui au final pourrissent un peu le jeu. Non seulement l'histoire parallèle est inutile, mais elle ponctue la trame principale (et donc, la partie jouable) de cinématiques chiantes à en crever, de 3 à 10 minutes... et impossibles à zapper bordel !
Ensuite, et c'est là qu'on voit que c'est un jeu développé à la base pour consoles, il est vraiment difficile de quitter le jeu, à part par un bon vieux ALT+F4 des familles (lien youtube).
Il y a aussi un système de drapeau à récupérer dans chaque ville et dans le royaume, à la GTA, sans aucune récompense à la clé... sachant qu'il y a quelque chose comme 350 drapeaux, youpi la carotte. Heureusement que je suis pas trop con pour les avoir cherchés, haha.
Enfin, Altair est d'une débilité déconcertante, ceci étant sûrement dû à l'histoire qu'il suit, qui ne casse pas 3 pattes à un canard, même un canard à 3 pattes de Tchernobyl. Complexe mais conne. D'abord premier lieutenant de son maître, déchu suite à une erreur de sa part, il devra grimper les échelons de sa guilde afin de regagner respect, confiance, coke et putes de luxe. Les dialogues avec son maître sont parfois ridicules. "Altair, il faut que tu ouvres les yeux"... "Altair, la réponse te viendra quand tu ne te poseras plus la question"... "Altair, interroge-toi"...

Ceux qu'il a avec ses victimes ne valent pas mieux. Méchants pour le bien, ils font le mal pour obtenir la paix avec des méthodes de méchants donc il faut les tuer.
...
Alors après toute cette merde débitée, pourquoi j'en retiens que c'est un bon jeu, même si je n'y jouerai probablement plus jamais de ma vie ?
Parce qu'on est tout de même libres, malgré l'inconvénience du "tout-tutorial", des cinématiques qu'on DOIT VOIR QUARANTE FOIS APRES UN OBJECTIF REUSSI. Libres de passer par les diffèrentes rues, ruelles, ou de se balader sur les toits, libres de choisir entre pousser un garde des dits-toits, ou de les planter de notre lame secrète, libres de choisir entre la méthode plutôt discrète, assassinat d'un garde en pleine rue, ni-vu ni-connu, ou à la Conan le Barbare, épée dégainée qui appelle à être couverte du sang d'une dizaine de gardes. Libres de voyager entre les villes ou d'être directement transporté à la ville suivante. Je pousse un ouf de soulagement quant à cette idée d'ailleurs, ça m'aurait cassé le cul de me taper le chemin en cheval à chaque fois. Libres de faire les missions annexes ou non.
Un bon jeu au final, terni par des points vraiment discutables. Téléchargez-le !
Ah, enfin, la trame de l'histoire est vraiment toute conne, votre maitre est évidemment un méchant, faudra le tuer, voilà j'ai pourri le scénario, mais de toute façon si vous n'êtes pas trop cons vous l'auriez compris au bout d'une heure de jeu.