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Grand bien m’a pris, il y a plusieurs mois, de surfer gaiment sur la crise économique du moment pour imaginer un plan diabolique consistant en l’achat d’un bien immobilier et tout le tralala. Faut dire que la famille s’est agrandit considérablement. De 1 adulte avec deux enfants, je suis passé à 2 adultes (de sexe opposé) avec trois enfants, les dits trois enfants étant tous à moi. A partir de là il ne faut généralement pas grand chose pour s’imaginer en train de passer la tondeuse et couper les haies dans un jardin au beau milieu des jouets des enfants, pendant que votre meilleure moitié irait chercher la limonade avec Doudou, votre labrador à poil ras du Mont Canigou, tandis que vos charmants bambins iraient se jeteraient la tête la première dans la piscine en préfabriquée estampillée Jardiland qui trône au beau milieu du pré-cité jardin qui commence à vous les gonfler sévère avec ses mauvaises herbes et ses trous de taupes que vous prenez un malin plaisir à faire exploser à grand coup d’attrape-pétard soigneusement placés dans certains endroits stratégiques.
Quel bonheur, n’est ce pas, de voir cette saloperie de taupe se vider de son sang sans aucun espoir de voir cette hémoragie s’arrêter, la laissant, agonisante et déjà enterrée 6 pieds sous terre, participer à la floraison de votre magnifique rosier.
Mais là n’est pas le problème.
Déjà, avant de pouvoir dynamiter de la taupe, il faut se préoccuper de choses ma foi fort ininteressantes, comme notamment le fait de… la financer, cette putain de baraque.
Nos revenus (à ma douce et à moi même) nous permettent de prétendre à l’acquisition d’un bien aux alentours de 170 000€, sans apport. Ce qui, en Normandie, correspond grosso modo à une maison sans prétention avec un toit dessus et éventuellement quelques pièces pour y vivre, pas plus. Je n’ose pas imaginer ce qu’un parisien peut se payer avec cette somme, si toutefois on peut se payer quelque chose avec 170 000€ à Paris, à part un petit paquet de putes de luxes et quelques verres de champagne dans la dernière boite “in” du moment. De quoi faire la fête deux ou trois jours, quoi.
Toujours est il que le parcours du combattant, je connais, ma brave dame.
Un petit sourire pour la photo
Ca commence avec la Société Géniale qui n’est pas une banque uniquement destinée aux macs et autres amateurs de prostiputes :
Société Géniale, donc, que nous avons contacté déjà bien avant de trouver un bien a financer de façon à estimer notre capacité d’emprunt et voir ce que cette… j’ose à peine l’écrire… “banque” (?) avait à nous proposer d’intéressant en terme de taux d’intérêt et de conditions. Avant de revenir avec un compromis signé, tout se passe généralement plutôt bien, la gentille demoiselle, qui sort à peine de son BEP comptabilité et qui n’y connait pas grand chose, va bien se renseigner toutes les deux minutes vers sa supérieure, c’est très rassurant. Sauf qu’au moment de déposer les documents pour tenter d’obtenir une offre de prêt, votre dossier peut bloquer à cause de… VOS CARTES D’IDENTITE ! Ouaip. Vous aurez beau avoir votre permis, un acte de naissance et une attestation de votre mairie qui indique que votre carte est en renouvellement, rien à faire, votre dossier ne pourra partir en étude.
Tout tout, pour ma chérie, ma chérie.
La vie étant parfaitement injuste, nos cartes d’identité ont été bloquée quelques temps à la sous préfecture, ce qui nous conduit dès lors à faire appel une autre banque que j’avais quitté il y a plusieurs années car “carte bleue” était parfois synonyme de “carte vermeille” tant les conseillers sentaient la naphtaline, en croisant les doigts pour que cette histoire de carte d’identité ne soit pas un facteur bloquant pour l’envoi du dossier.
Après environ 5 accords de principes (et donc 5 envois auprès de la garantie de prêt immobilier partenaire, et donc environ 4 * 5 jours de délais pour le retour des pré-cités accords de principes), car il faut bien éditer 5 accords de principe différents avant que la banque que je ne nommerai pas comprenne exactement vos besoins, ne serait-ce qu’en terme de palliers de remboursements, le dossier est donc sur le point de partir au service Prêt immobilier de la banque pour être étudié et éditer les offres de prêt, indispensable Graal pour tout acquéreur potentiel qui est relancé régulièrement une propriétaire hystérique, un agent immobilier casse noisette et un notaire double détente (comprenne qui pourra).
SAUF QUE
Ah non parce que vous avez réellement cru que l’histoire s’arrêtait là et que les offres de prêt allaient tomber tout cru ? Vous me faites mal quand même, j’aurai jamais cru que vous seriez aussi crédules.
Vous envoyez votre dossier, donc, en prenant soin de réunir une demie tonne de documents divers et variés, tout en admettant que vous ne serez probablement jamais en mesure de retrouver le bail d’un appart que vous avez loué 2 mois il y a deux ans, mais vous êtes de bonne foi, vous transmettez les quittances. Et c’est là que vous faites une erreur monumentale. Pensez même à ajouter le résultat de votre dernier touché rectal, on ne sait jamais, car aux études de demandes de prêt immobilier, on aime ça, le papier, on se torche sûrement avec, même, c’est sans doute pour ça qu’on vous demande de renvoyer plusieurs fois les documents que vous avez déjà donné.
Vous avez donc tout le loisir de discuter avec des incompétents notoires dont l’unique but dans la vie est de vous décourager. On va tout faire pour vous faire péter les plombs. C’est peut être un test de motivation, aller savoir, mais la seule chose qui vous motive, c’est le secret espoir d’avoir un jour la chance de croiser un de ces planqué pour lui faire bouffer l’ensemble de vos photocopies en triple exemplaires, votre acte de naissance, votre attestion de la mairie, le compromis de vente, voir plus si affinités.
A l’heure actuelle, il me reste une petite vingtaine de jour avant la signature de l’acte définitif, je n’ai pas d’offre de prêt et, cerise sur le gateau, j’aurai encore 11 jours a attendre après réception de l’offre liés à une loi formidable.
Acheter une maison (ou même un appartement), ca peut s’apparenter à aller acheter du saumon fumé chez Leclerc le jour de Noel avec une main dans le dos, une jambe dans le platre, 3 enfants en bas age, le tout en écoutant du Johnny Halliday sur un Ipod dans lequel il n’y aurait plus de batterie.
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