7 bouquins pour un total d’environ 6000 pages. Pour lire du Peter Hamilton, en règle générale, il faut être sacrément motivé. Monsieur ne sait pas pondre un bouquin en dessous de 800 pages et, la plupart du temps, étale son sujet sur plusieurs livres. L’étoile de pandore, la trilogie du vide, l’aube de la nuit (dans le désordre), Peter Hamilton a besoin de place pour détailler ses univers.
Et pour l’aube de la nuit, énorme succès commercial, il fallait au moins ces 7 bouquins, tant l’univers est riche, que ce soit en terme de personnage, de contexte politique ou de planètes.
Petit synopsis :
Nous sommes au XXVIIeme siècle. L’homme a découvert et colonisé quantité de planètes, a découvert d’autres races intelligentes, s’est scinder en deux partie – les adamistes et les édenistes, s’est fait la guerre un nombre incalculable de fois, a pollué la Terre jusqu’au point de non retour et… ben ma foi, il va plutôt pas mal, l’homme du XXVIIeme siècle. Sauf que tout risque de changer d’ici peu, les morts reviennent et prennent possession du corps des vivants, et ils comptent bien rester dans ce monde par tous les moyens à leur portée. Ils s’organisent, se réunissent sous la coupe des plus forts et plus ambitieux d’entre eux, comme par exemple Al Capone, franchement revenu d’entre les morts et bien décidé à refaire parler de l’organisation.
C’est dans ce contexte qu’évolue, entre autre, Joshua Calvert – jeune pilote extrêmement doué, Syrinx – pilote édéniste, Ione Saldana – seigneur de Ruine, un habitat (sorte de station spatiale vivante) édéniste et compagnie. Impossible de lister l’ensemble des personnages principaux, il y en a pléthore, et ils ont tous un rôle important dans les évènements.
Tout commence sur la planète Lalonde, en cours de colonisation, où sont envoyés des candidats à une vie meilleure, accompagnés de « deps », des délinquants que l’on envoi au charbon, une nouvelle race d’esclaves en quelque sorte. Quinn Dexter, membre de la secte sataniste du Porteur de lumière, récemment arrêté sur terre et condamné à servir les coloniaux sur Lalonde, décide d’organiser les « déps » en reproduisant les habitudes de la secte qu’il sert. Tout part rapidement en sucette, Quinn Dexter et beaucoup d’autres se retrouve possédés, le mal grandit et s’étend progressivement à l’ensemble de l’univers, sur les planètes, les astéroïdes colonisés ou encore certains habitats.
Mais ce mal a déjà frappé une autre race intelligente aujourd’hui disparue, les Laymils… qui laissent derrière eux des indices dans l’anneau Ruine, où Joshua Calvert tente de faire fortune pour retaper le vaisseau de son père, le Lady McBeth. Joshua, de par ses talents de pilote, sera au centre d’une aventure où l’ultime objectif sera de trouver une solution nette et définitive au problème des possédés.
Parfois un petit peu longuet, les 6000 pages que propose le cycle de l’Aube de la nuit se dévorent quand même à une vitesse ahurissante. Dès qu’on a le nez dedans, et pour un peu qu’on accroche au sujet et à la complexité de l’univers, on a beaucoup de mal à poser le bouquin. Peter Hamilton construit son roman de façon à toujours laisser planer le doute et donner envie de tourner les pages. Je ne peux que saluer son talent même s’il a parfois tendance à trop détailler certaines scènes, ce qui donne envie de sauter quelques lignes pour replonger dans le suspens.
Un autre point négatif selon moi, les scènes d’actions sont un peu difficiles à lire, un chouya trop brouillon et on ne comprend pas forcément tout ce qui se passe après une première lecture. La faute sans aucun doute au souci du détail… pas forcément intéressant en effet de connaitre le fonctionnement de la propulsion du Lady McBeth ou les caractéristiques d’un point de Lagrange…
Cela étant dit, l’Aube de la nuit réunit plusieurs genres en réussissant à ne pas s’éparpiller. Du fantastique dans tous les styles, du social, de la politique, tout ça est vraiment bien dosé et même si, par exemple, l’arrivée d’Al Capone au commande d’une planète et d’une armée peut paraitre ridicule au premier abord, c’est en fin de compte vraiment bien trouvé et sert l’histoire à merveille.
Bref, la lecture de l’Aube de la nuit a été un starter pour moi, et depuis je me suis goinfré joyeusement Dragon Déchu (sans doute le meilleur bouquin de Peter Hamilton) et l’étoile de pandore – que je ne manquerai pas de chroniquer), en attendant les versions poche de la Trilogie du vide. Parce que mine de rien, les cycles de Peter Hamilton, pour un peu qu’on les achète à 20€ le bouquin, ca fait un sacré budget.
Daibai, le 21/10/2009